Désir et plaisir : La philosophie au secours de la restauration

👨🏻‍🍳 Auteur de livres à succès. 𝐉’𝐚𝐢𝐝𝐞 𝐥𝐞𝐬 𝐫𝐞𝐬𝐭𝐚𝐮𝐫𝐚𝐭𝐞𝐮𝐫𝐬 à 𝐝𝐞𝐯𝐞𝐧𝐢𝐫 𝐯𝐢𝐚𝐛𝐥𝐞𝐬 & 𝐩𝐞𝐫𝐟𝐨𝐫𝐦𝐚𝐧𝐭𝐬 | plus de 100 #restaurants à mon actif | Consultant expert en #Restauration

  • Tu fais quoi dans la vie ? Il parait que tu es restaurateur.
  • Non, pas seulement ! Je suis dans le business du désir et du plaisir !

C’est ma nouvelle raison d’être ou mon mantra si tu préfères, et je te promets… ça change tout !

Selon le philosophe André Comte-Sponville, il faudrait inscrire en lettre d’or à l’entrée des écoles de commerce (et des écoles hôtelières) les deux phrases suivantes :

« Le désir est l’unique force motrice », Aristote

« Le désir est l’essence même de l’homme », Spinoza

Pour André Comte-Sponville, un chef d’entreprise : « C’est d’abord un professionnel du désir de l’autre : professionnel du désir des salariés, c’est le management et professionnel du désir des clients, c’est ce que l’on appelle le marketing ».

Quant à Épicure, il pense que le but de la vie humaine est d’obtenir le bonheur. Le moyen de parvenir au bonheur étant le plaisir né de la satisfaction des désirs.

Plus que jamais, les individus aiment et continueront d’aimer les plaisirs de la table, la restauration et sa convivialité ! Tout bouge, tout évolue, mais le plaisir restera central dans la motivation de fréquenter le restaurant.

Manger sain, manger gourmand et généreux !

Ainsi va la complexité du mangeur d’aujourd’hui, culpabilisé avec des diktats permanents sur le mieux manger en lien avec la santé, mais également la préservation de la planète. Souvent, à en lire les médias, la santé doit passer avant le plaisir et toute la restauration devrait se soumettre à cette norme.

Si manger sain et bon pour sa santé doit-être une considération de restauration à domicile (sous réserve d’en avoir les moyens) ou d’un nouveau marché healthy du déjeuner, il est une évidence que le restaurant doit aussi rester un espace différent, très différent du quotidien, comme une soupape bienfaisante du corps et de l’esprit dans lequel on peut se lâcher, où l’on transgresse avec le gras et le sucre, bref, où l’on est libre de manger comme on le veut !
Le bonheur est bien là dans ce besoin de régalade permanent, de liberté et de convivialité partagée.

Les 4 dimensions du plaisir dans la conception du restaurant idéal

Pour les clients :

1- Plaisir des papilles : C’est le goût du « bon » qui fera revenir les clients. La cuisine est le cœur de votre concept. Le client vient et revient d’abord pour la qualité de la cuisine. On vient au restaurant d’abord pour bien manger. C’est la promesse originelle qui engage le restaurateur, mais on revient pour le service.
2- Plaisir du service : Le savoir-être et tous ses corollaires d’affect, de gentillesse, de complicité et de sollicitude qui donne au service un nouveau sens plus acteur et comédien du moment servi à la clientèle (la neutralité est pire que l’absence de service, la distance et la condescendance font fuir les clients).
3- Plaisir du lieu : Émotion des 5 sens, mise en jeu de la théâtralisation « voir et être vu », esthétisme et confort, sont autant de principes et valeurs à mettre en symbiose pour imaginer des lieux en relation cohérente avec le thème culinaire.

Pour l’équipe de salarié·e·s :

4- Plaisir au travail :

Pour que les salariés viennent et restent travailler dans l’entreprise, c’est qu’ils y trouvent un certain plaisir. Vos salariés ne travaillent pas par amour du travail, de leurs clients, des actionnaires ou de leur patron, arrêtons de rêver. Les salariés travaillent par amour d’eux-mêmes et de leurs enfants. Ils travaillent pour être heureux, parce que ce sont des êtres humains et que je crois profondément, avec Pascal dans les pensées, que tous les hommes recherchent d’être heureux.
Or, je suis surpris de voir que, si les chefs d’entreprises dépensent, ce en quoi ils ont d’ailleurs raison, beaucoup de temps, d’énergie et d’argent pour connaître les désirs de leurs clients, il n’en va pas de même vis-à-vis de leurs salariés.

Or, si vous souhaitez garder dans la durée les meilleurs clients, quel meilleur moyen que d’attirer et de conserver les meilleurs salariés ?

La réciproque n’est pas vraie, ce n’est pas parce que vous avez les meilleurs clients que vous avez les meilleurs salariés. Si vous voulez avoir les meilleurs clients, vous devez donc chercher à attirer les meilleurs collaborateurs. C’est ce que j’appelle le marketing managérial : créer les conditions dans votre entreprise ou votre service pour que les meilleurs collaborateurs aient envie et soient heureux de travailler avec vous.

Votre management aura réussi lorsque vous aurez réussi à créer les conditions qui font que vos collaborateurs, qui ne travaillent pas pour le plaisir, mais pour l’argent, prendront plaisir au travail qu’ils font.

– André Comte-Sponville : extrait de ses conférences sur le travail et le bonheur de 2011

À retenir :

Le rôle et la mission du dirigeant est donc de créer les conditions permettant aux clients et aux salariés d’accéder au bonheur en étant producteur de plaisir et son restaurant n’en sera que plus désirable.

Satisfaire les désirs est donc la destinée des restaurateurs permettant de rendre clients et salariés plus heureux. La restauration (surtout la traditionnelle à service à table) ne doit-elle pas (re)devenir beaucoup plus désirable autant pour les clients que pour les salariés ? Certainement !

Un restaurant ne peut pas se suffire aux seules fonctions de « servir à manger ou à boire » et « d’employer de la main d’œuvre ».

Vendre du plaisir aux clients et à ses collaborateurs, tel est le chemin à suivre en restauration pour espérer y réussir !

Je te promets… un resto nommé désir et producteur de plaisir ! On en parle et je te dirai comment rendre ton entreprise désirable, ou bien, tu peux y accéder à l’aide de mes books.

ALAIN CAZAC, 2023

Réserver un rendez-vous